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lundi 1er mars 2010
Éducation populaire et mouvements familiaux ouvriers chrétiens
par Michel CHAUVIERE


L’éducation populaire et les mouvements familiaux constituent deux périmètres caractérisés d’action publique, historiquement datés l’un et l’autre, et qui, de toute évidence, montrent une importante zone de recouvrement, tant en conviction, en méthodologie qu’en organisation. Il faut donc essayer de clarifier ce qu’il en est des mouvements familiaux en général, de la tradition populaire et chrétienne en leur sein et des innovations inspirées et portées par ce dernier sous-ensemble afin de comprendre comment ils trouvent plus ou moins leur place dans ce qu’il est convenu d’appeler l’éducation populaire.


LE PAYSAGE FAMILIALISTE FRANÇAIS

Des mouvements sociaux spécifiques

Depuis les débuts du XXe siècle, divers mouvements sociaux adossés à la loi de 1901 font de la famille une cause à défendre dans les arènes politiques. Dans un moment historique particulier, sous Vichy puis à la Libération, l’État va reconnaitre la légitimité et l’utilité de ces mouvements, valider la notion d’intérêts matériels et moraux des familles, avant d’institutionnaliser cette forme de représentation, via l’Union nationale des associations familiales (UNAF) et les UDAF [1], créant ainsi une institution très intégrée dans le paysage français, mais relativement atypique. Certains y voient une sorte de lobbying officiel qui agit auprès d’autres institutions spécialisées (Institut national d’études démographiques - INED, Caisse nationale d’allocations familiales - CNAF, conférences de la famille, etc.) au sein d’une politique familiale des plus explicites qui soient à l’échelle européenne [2].

Le mouvement familial français naît au tournant du XXe siècle parmi d’autres mobilisations sociales. Il se compose d’associations d’action générale et d’associations plus sectorielles ou spécialisées, souvent regroupées en fédérations et confédérations. Les problèmes de la natalité émergent, en milieu républicain, grâce à l’Alliance nationale contre la dépopulation du Dr Bertillon en 1896, une stratégie de pression politique à l’instigation d’une partie de l’élite. Ces experts sont fortement relayés au Parlement. Aux mêmes dates, la stratégie catholique face à la question ouvrière et au péril socialiste passe notamment par le réarmement moral les familles et la création de services ad hoc. L’Abbé Viollet crée, au début du siècle, des associations pour le logement ouvrier et les oeuvres du Moulin vert à Paris. D’autres initiatives sont plus locales, celles du patronat catholique du Nord durant la guerre de 1914/1918, relayées par les jésuites, pendant que les associations catholiques de chefs de famille défenseurs de l’école privée se créent après 1905, etc. Pour rechristianiser les classes populaires, l’action doit être globale, morale, éducative et sociale tout à la fois. Enfin, des familles nombreuses s’organisent, avec la singulière Ligue populaire des pères et mères de familles nombreuses du capitaine Simon Maire, à partir de 1908. Encore marquée par l’idéologie catholique de la famille et le projet d’une moralisation de la société contre le néo-malthusianisme, cette ligue innove par sa forme quasi-syndicale et ses modes d’action. Sans oublier le si peu républicain vote familial. Après 1945, ces courants constitueront la fédération Familles de France.

Une autre vague d’associations apparaît à la fin des années trente, dans le sillage de l’action catholique spécialisée. Partant d’un mouvement de foyers JOC/JOCF (Jeunesse ouvrière chrétienne), en 1941 apparaît le MPF (Mouvement populaire des familles), ancêtre de l’actuelle CSF (Confédération syndicale des familles) et de la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), hors champ familial depuis 1975. S’impose une conception syndicale des intérêts familiaux populaires, impliquant un système de représentation, des services et des revendications collectives. Semblablement, côté rural, la CNFR (Confédération nationale de la famille rurale), aujourd’hui Familles rurales, naît en 1943 de la JAC (Jeunesse agricole chrétienne) et de la Corporation paysanne. C’est uniquement de cette mouvance, surtout côté ouvrier, dont on peut parler en termes d’interférence, le plus souvent positive, avec le courant dit de l’éducation populaire.

Quoi qu’il en soit, les fédérations familiales historiques constituent le noyau dur du familialisme institutionnel, autour duquel gravite tout un ensemble d’organisations d’orientation familiale, parentale ou sociale. Mais il est aussi des absences significatives : les fédérations de parents d’élèves [3], l’École des parents et des éducateurs, les mouvements féministes, les mouvements homoparentaux et les familles étrangères, ainsi que les dits mouvements d’éducation populaire, qui constituent, sous cet angle, une autre sphère. Ces découpages ne sont pas identiques dans tous les pays européens.

Politiques publiques

Quelques grandes dates marquent l’incorporation progressive du familial dans l’action publique.

– 1913 : Des textes visent la situation des « familles nombreuses nécessiteuses ». En 1914, le quotient familial valide le slogan « familles créancières de la nation ». – 1920 : « Chambre bleu horizon » et première politique familiale globale. Plusieurs « familiaux » sont ministres (comme le socialiste Jules-Louis Breton au ministère de la Prévoyance, de l’Hygiène et de l’Assistance) ; apparaissent un Conseil supérieur de la natalité, une déclaration des droits de la famille, des lois d’« encouragement » et d’autres répressives (avortement, contraception). – 1932 : Loi sur la généralisation des allocations familiales. Elles deviennent un droit et un système d’aide aux familles mais aussi une occasion de contrôle et d’intervention publique. – 1939 : Code de la famille et de la natalité françaises. Il vise les aides accordées à la famille, la protection de la famille et diverses dispositions fiscales, toutes mesures reconnaissant le fait familial (ancêtre du Code de l’action sociale et des familles, 2001). – De 1940 à 1942, Vichy et « Travail-Famille-Patrie » changent les objectifs et les modalités de l’action publique. La loi Gounot, inspirée du corporatisme d’État, donne un statut exorbitant aux associations de familles et dote le « Corps familial » d’un monopole de représentation des familles. – 1945 : Le Gouvernement provisoire républicanise par ordonnance l’héritage juridique et institutionnel de la loi Gounot, en allégeant la tutelle et en libéralisant l’édifice à sa base. Maintien du principe d’unicité nationale et départementale, et des missions spécifiques (sauf propagande). – 1946 : La Sécurité sociale intègre une branche famille, avec conflits entre les forces politiques du tripartisme (PC, socialistes et MRP), ce qui hisse la question familiale au rang de priorité nationale. C’est l’« âge d’or de la politique familiale » (Antoine Prost) et aussi de l’administration de la « Population ». – 1975 : Réforme de l’UNAF, cogestion interne entre UDAF et mouvements d’action générale. – 1981 : Retour du référentiel « Famille » dans l’écriture administrative, avec un secrétariat d’État à la famille (Georgina Dufoix). Puis premières conférences annuelles de la famille, avec les mouvements familiaux. – 1998-2002 : Innovations et controverses dans la politique familiale.

Le Mouvement populaire des familles

Au coeur des politiques familiales, soutenant donc une approche syndicale de la défense des familles populaires, contre la domination des organisations bourgeoises, le Mouvement populaire des familles (MPF) s’ancre, à sa manière, tout à la fois dans la tradition familiale, dans le combat ouvrier et dans la mouvance de l’éducation populaire, du moins à considérer les années 1935-1950. Par son projet et ses pratiques, le MPF présente en effet de grandes analogies avec d’autres mouvements actifs sur ce terrain. Son originalité est certainement d’avoir concerné un public ouvrier en plus grand nombre que d’autres mouvements prétendant le faire.

Il y a plusieurs raisons à cette situation. De la JOC, créée en 1929, dont il est issu pour l’essentiel, il faut rappeler qu’elle a d’abord une finalité religieuse - l’évangélisation des ouvriers par les ouvriers -, mais aussi que l’une de ses raisons historiques se situe dans la lutte contre l’influence communiste chez les jeunes. C’est donc un dispositif du combat chrétien au coeur même de la vie ouvrière, à l’usine mais aussi dans le quartier, avec différents prolongements à l’âge adulte. D’où l’importance de la formation des militants, partant du fameux triptyque méthodologique Voir-Juger-Agir et toutes sortes d’innovations institutionnelles et pédagogiques durant les années 1935-1950, bien avant la formation ouvrière institutionnalisée des années 1960 et, plus tard, la formation permanente [4].

INNOVATIONS INSTITUTIONNELLES

C’est ainsi qu’en sus de la formation par l’action, dès 1942, des initiatives sont prises qui visent à organiser, dans la conjoncture de l’époque, la formation des militants ouvriers chrétiens dispersés, notamment des jeunes [5]. S’y joue une recomposition des territoires respectifs du MPF nouvellement créé par des anciens de la JOC et du syndicat chrétien, la CFTC. Il s’agit notamment de replacer les mouvements dans l’histoire de la classe ouvrière et, concrètement, d’entretenir le « moral des troupes ». Après la guerre, alors que les libertés syndicales sont restaurées, d’aucuns veulent conserver l’élan ainsi donné, séparément et au travers de tentatives conjointes.

Le Centre ouvrier d’études et d’information (1942-1944)

Le Centre ouvrier d’études et d’information (COEI) est né de l’intuition de Paul Bacon, fondateur du MPF, futur ministre MRP du travail sous la IVe République. Fin 1940, il prend conscience de la nécessité de rassembler les fils épars du mouvement ouvrier chrétien désarticulé par les décisions de Vichy. Le syndicalisme est dissous, ses militants sont éparpillés et beaucoup de ses jeunes militants sont prisonniers. Il faut tenter de rassembler, de soutenir et, au moins, continuer de former.

Après sa démobilisation, fin 1940, il rejoint le secrétariat général de la LOC, bientôt MPF (1941), installé à Sainte-Foy, dans la banlieue lyonnaise. Il y fréquente les « réfugiés de la capitale » parmi lesquels plusieurs militants étroitement liés à la CFTC. Après le « manifeste des douze », commun à la CGT et à la CFTC, publié le 15 novembre, il faut préparer et diffuser des notes et circulaires contre la Charte du travail. C’est dans ce contexte que se forme le projet d’un centre d’études et d’information destiné à suppléer la disparition des Écoles normales ouvrières de la CFTC. Au retour à Paris de Paul Bacon, en 1942, naît le Centre ouvrier d’études et d’information (COEI) : « Il fallait préparer l’avenir et comment le préparer sans un minimum de perspectives [6] ? »

« Le COEI s’adresse à tous les ouvriers, hommes et femmes engagés dans une tâche quelconque de représentation ou autre, ou ayant simplement l’étoffe de chefs ouvriers, pour les former par un travail personnel d’enquête et de réflexion. Les éléments féminins devront faire un effort réel pour que ce travail de pensée ouvrière soit commun [7]. »

Le COEI est la fois un centre d’études et un organe de soutien des militants. Il fonctionne par circulaires adressées à des correspondants. Celles-ci comportent des questionnaires et des études. Les questionnaires portent sur trois domaines : familial, professionnel, civique, plus un questionnaire spécialement féminin. La confrontation entre la pensée de militants ouvriers partant des faits et les connaissances de « spécialistes » constitue une forme de pédagogie active.

L’Université populaire de Marly-le-Roi (1942-1945)

C’est en 1942 également qu’est créée l’Université populaire de Marly-le-Roi, sur l’initiative du Comité national de la JOC, sans doute inspiré par l’exemple du COEI, mais destinée aux jeunes militants. Son principal animateur est un jésuite, Albert Bouche. Il s’agit de « compléter l’extraordinaire formation sur le tas que donnaient la JOC et ses prolongations adultes par une information sur les mécanismes économiques, sociologiques, politiques, juridiques, etc. auxquels s’affrontaient nécessairement les efforts de libération humaine et chrétienne des travailleurs [8] ». Mais l’information doit être donnée par des gens sérieux du métier et par des professionnels, en évitant le danger du cléricalisme [9].

L’Université populaire s’installe à Marly-le-Roi. L’encadrement est assuré par des dirigeants de la JOC. L’association Saint-Jean-Bosco, créée pour l’occasion, fournit quelques bourses d’études pour la compensation des voyages et d’une partie des salaires [10] des militants et dirigeants de la JOC se rendant en session de huit ou quinze jours. L’éducation physique et la vie au grand air (méthode Hébert) y ont leur place, plus un temps d’animation spirituelle et religieuse. Des personnalités extérieures interviennent, comme le haut fonctionnaire Paul Delouvrier. Les soirées sont consacrées à l’apprentissage de la diction, du chant ou du montage et de l’animation d’une soirée de détente. L’Université populaire doit quitter en 1944 le château de Marly-le-Roi, réquisitionné par l’armée allemande puis par l’armée britannique. Elle renaît à la Libération à Marnes-la-Coquette avant de rejoindre de nouveau Marly-le-Roi en février 1945.

L’Université populaire féminine de Saint-Cloud (1944)

La création par la JOCF en 1944 de l’Université populaire féminine de Saint-Cloud coïncide avec celle de l’Institut de culture ouvrière qu’elle intègre aussitôt. Cette université populaire fonctionne cependant de façon autonome, avec ses animateurs et sa lettre de liaison. En 1945, le programme de la session est centré sur la découverte de la psychologie de l’adolescente ouvrière et la recherche de méthodes pédagogiques propres à répondre aux problèmes que posent l’initiation à la vie et l’éducation des adolescentes de milieu populaire, « si fortement marquées et parfois même durcies bien avant l’âge par les influences du milieu [11] ». On y recherche également une véritable formation professionnelle pour des métiers féminins, avec le souci d’une forte liaison entre culture ouvrière et éducation féminine, entre « apprendre à penser » et « apprendre à vivre » [12]. Il s’agit de préparer la jeune travailleuse à remplir son rôle de femme, au plan familial (compagne aimante, collaboratrice de son mari, éducatrice de ses enfants), au plan professionnel (compétente, mais dans un métier bien féminin) et au plan civique et social (droit de vote et éligibilité, prise de responsabilités dans la cité pour des solutions plus humaines, plus familiales).

L’Institut de culture ouvrière, un creuset mais des tensions (1945)

L’Institut de culture ouvrière (ICO) est créé à Marly en février 1945, également à l’instigation d’Albert Bouche. Il associe les différentes organisations ouvrières d’inspiration chrétienne : JOC-JOCF, MPF et CFTC. Paul Bacon, président des Éditions ouvrières, membre de l’Assemblée consultative, responsable des équipes ouvrières du MRP, qui vient d’être nommé responsable de Syndicalisme, journal de la CFTC, prend la présidence du nouvel organisme [13]. L’ICO est composé de trois ensembles : la formation, la recherche et l’édition. Il gère deux internats (hommes et femmes).

Par la formation, l’ICO veut « aider les militants dans leur tâche d’engagés » dans une perspective chrétienne. Pour cela, il s’appuie sur les sessions organisées par les deux universités populaires, complétées par des cours oraux ou par correspondance et par des conférences d’actualité, le tout précédé ou suivi par des travaux d’équipe ou de groupe. Ces travaux partent de l’expérience des stagiaires ou bien de la découverte de nouvelles connaissances historiques, philosophiques ou économiques, sans oublier ni la famille ni la santé populaire ni la culture personnelle, avec si possible des visites de terrain. Plus concrètement, il s’agit aussi d’inciter les militants à rédiger des textes, puis à les commenter et à les critiquer. Des enquêtes locales sont destinées à lier observation, réflexion et action. Durant les sessions, la vie est communautaire et prise en charge par les stagiaires eux-mêmes. Enfin, les éditions de l’ICO publient plusieurs revues [14]. Par la suite, en 1950, cette formation obtiendra un précieux agrément de l’Éducation nationale.

Ce faisant, pour Albert Bouche, comme pour Paul Bacon, il s’agit clairement de faire pièce au parti communiste en offrant une alternative, de « dégager une stratégie et une tactique scientifiques spiritualistes pour aboutir à une transformation réelle de la société [15] ». Paul Bacon, devenu ministre du Travail, l’Institut participe à des commissions extraparlementaires, à la préparation de certaines lois, à une commission du Bureau international du travail ; il est également sollicité pour la constitution de la section de l’Éducation à l’UNESCO.

Cependant, rapidement, des divergences apparaissent entre les organisations. Le MPF notamment redoute la constitution d’un « front ouvrier chrétien ». Aussi, est-il convenu de manière formelle que l’ICO n’apparaîtrait jamais comme la conjonction des mouvements constitutifs. De son côté, la CFTC, en participant à la fondation de l’ICO, ne s’est pas engagée à lui réserver l’exclusivité de la formation de ses militants. Ses écoles normales ouvrières ont repris ; une seule session est organisée à Marly en 1945, deux en 1946. Le MPF, quant à lui, y tient deux sessions en 1945 et deux en 1946, avant de se retirer de l’Institut en juillet 1949. En 1951, l’ICO cesse ses activités ; ses responsables se dispersent. La JOC hérite de l’association et de la documentation, ainsi que des agréments ministériels.

C’est dans la même période qu’éclate le MPF, devenu Mouvement de libération du peuple (MLP) en 1950. D’une scission naît en 1951 le Mouvement de libération ouvrière (MLO) [16]. Le MLP garde une activité de formation sociale et culturelle à travers notamment la diffusion de « valises culturelles » mais c’est l’action politique qui y prend le dessus jusqu’à sa fusion dans l’Union pour la gauche socialiste (1957), avant le PSU (1960).

Du CCO au marché de la formation permanente

En juillet 1957, est notamment votée la loi instituant les congés de formation ouvrière [17]. C’est une nouvelle époque pour les organismes de formation ouvrière d’obédience chrétienne. La JOC réactive seule l’ICO en lui donnant en janvier 1954 le nom d’ICO-Centre de culture ouvrière, pour ne garder ensuite que le seul nom de CCO et le doter, en novembre 1956, de nouveaux statuts. Le CCO est alors agréé pour la formation ouvrière en même temps que les Instituts du travail et les organismes de formation des confédérations syndicales.

Une nouvelle génération de jocistes prend les rênes. C’est le cas notamment de Dominique Alunni qui sera l’un des principaux animateurs du CCO [18]. En 1959, une charte affirme les valeurs et les principes de fonctionnement. Comme association d’éducation populaire, au service du monde du travail, de la promotion personnelle et collective, le CCO se veut indépendant des mouvements, des organisations politiques et de l’Église, laissant libre choix d’engagement à ses adhérents et stagiaires. En décembre 1963, le CCO s’installe à Nogent-sur-Marne.

En 1956, sur l’initiative de la JOC, une grande enquête nationale est réalisée auprès des jeunes travailleurs dans le contexte de forte mobilité de la population des campagnes vers la ville. De nombreux foyers d’hébergement et de loisirs pour les jeunes travailleurs sont alors créés, dont bon nombre vont s’associer au CCO, lui donnant ainsi une nouvelle base institutionnelle.

Dans ses formations, le CCO accorde beaucoup d’importance à l’intervention de syndicalistes, d’économistes, de sociologues ou de membres du Conseil économique et social, parmi lesquels Jacques Delors, Michel Rocard, Paul-Henry Chombart de Lauwe ou André de Peretti... Le CCO publie Les Cahiers de formation ouvrière puis InFor-Doc, des brochures et des plaquettes (« Loisirs et monde moderne », « Syndicalisme ouvrier français », etc.) ainsi que des films à visée pédagogique. Durant la guerre d’Algérie, le CCO accueille de nombreux Algériens salariés de grandes entreprises industrielles, Renault en particulier. Il s’investit également dans les échanges francoallemands.

Au moment où s’élabore le projet de loi sur la formation continue, la fédération des centres locaux CCO-Culture et Liberté et le MLO, dont plusieurs responsables sont eux aussi d’anciens permanents de la JOC, fusionnent le 6 juin 1970 pour donner naissance à Culture et Liberté [19]. À cette occasion, se retrouvent autour d’un projet d’éducation populaire des militants que la scission MLP/MLO de 1951 avait séparés et des anciens jocistes, de la génération suivante. Profitant toujours de l’agrément pour la formation ouvrière, Culture et Liberté s’ouvre aussi à la formation permanente et aux actions spécifiques des décennies suivantes (16-18 ans, etc.).

En 1963, un nouveau département se met en place au sein du CCO : l’Institut de formation professionnelle pour animateurs, cadres et personnels de collectivités (INFAC) à la fondation duquel se trouvent des mouvements (CNAPF, CSF, ADELS, MLO) et des organismes de tourisme social, comme l’Organisation centrale des camps et activités de jeunesse (OCCAJ), Renouveau, Villages vacances familles (VVF), etc., qui avaient des origines communes, sinon des liens organisationnels et personnels importants, via la JOC notamment. Pour le CCO, « l’animation participative », n’est pas une fin en soi mais la voie qui doit conduire au développement de l’éducation populaire, de la culture et de la citoyenneté. La « pédagogie de l’alternance » suspectée à l’origine, devient une référence.

En 1958, rappelle Dominique Alunni [20], l’arrivée de Maurice Herzog au ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Éducation populaire donne une impulsion nouvelle aux activités sportives et de jeunesse mais aussi à l’éducation populaire et à l’animation. De grandes institutions vont alors se créer ou se développer : maisons des jeunes et de la culture, FONJEP [21], etc. De cette expérience se dégagera une réflexion précédant et accompagnant la mise au point des lois de 1966 (Debré) et surtout de 1971 sur la formation permanente (Delors). En 1996, un rassemblement se fait au sein d’une même association qui prend plus tard le nom d’Institut national de formation et d’application (INFA), groupe de formation toujours sis à Nogent-sur-Marne, auquel le nom de CCO reste associé.

CONCLUSION

Toutes ces initiatives s’inscrivent dans le sillage idéologique de la JOC. La formation se fait par l’action, par la presse militante et de masse et aussi par des initiatives ad hoc. C’est toujours un apprentissage du monde, avec une double espérance : la chrétienté à terme (mais la laïcisation progresse et va faire disparaître cet horizon) et la transformation sociale, ici et maintenant, comme façon d’y accéder (du moins à l’origine). Pour cela, il faut que les militants soient organisés de façon à proposer à la fois une école, des services et un outil de représentation des masses.

Mais à quels savoirs se fier ? Savoirs académiques et/ou savoirs ouvriers ? Sur ce point, on garde la même ligne : pour instituer les conditions les plus favorables à la formation des militants ouvriers, syndicalistes ou associatifs, dans tous les domaines investis par la diaspora JOC, il faut partir du savoir ouvrier dans tous les registres et l’aider à monter en généralité avec des experts acceptant la démarche.

Pour autant, les militants ouvriers chrétiens n’ont pas l’exclusivité de cette vision du monde et des savoirs. On la retrouve aussi dans d’autres obédiences.

C’est une méthodologie intensive autant qu’active, adaptée aux caractéristiques sociales des militants puis des stagiaires, pour être plus solidement reliée au mouvement ouvrier. Avec les adultes, plus que jamais une forte attention est portée au milieu de vie (travail et quartier).

La méthode n’a guère changé depuis la pédagogie du mouvement de jeunesse ; c’est toujours la technique du Voir-Juger-Agir qui se « laïcisera » au contact des sciences sociales pendant que la révision d’influence devenue révision de vie restera, elle, surtout associée à la visée religieuse [22].

Cette pédagogie active de l’engagement est animée durant les premiers temps en partie par des aumôniers, mais surtout par les militants eux-mêmes avec le concours de personnalités extérieures et autres « universitaires missionnaires », comme les appelle Lucie Tanguy [23]. Les liens sont très étroits avec Économie et humanisme [24]. Ils le sont également avec l’équipe de recherche qu’anime Paul-Henry Chombart de Lauwe.

C’est enfin une norme d’action qui va considérablement progresser. Militer à la base reste l’injonction principale, mais elle doit préparer à des engagements différents à l’âge adulte dans la vie sociale, syndicale et politique. Pour autant, on ne s’y prépare pas à la prise de pouvoir, ni même à l’exercice du pouvoir. L’engagement reste majoritairement social, socioculturel, syndical, et il bute sur la politique proprement dite [25].

De toute évidence, ces innovations participent d’un mouvement plus large. Éducation populaire ? Si l’on veut, le terme étant maintenant consacré. Dans l’après-guerre, de multiples initiatives prennent en effet forme autour de cet objectif, par extension de l’école, mais aussi contre l’école de classe et ses méthodes. C’est l’exemple bien connu, après l’École d’Uriage, de Peuple et Culture, avec Bénigno Cacérès et Joffre Dumazedier. Il ne s’agit pas, dans ce cas, de former les seuls militants mais de faire accéder le plus grand nombre, c’est-à-dire le peuple, à la culture. Cette même inspiration se retrouve aussi au MPF puis au MLP, au MLO surtout, et encore au CCO. Dans ces organisations, la formation ouvrière, militante, croise et nourrit effectivement l’éducation populaire. Culture et Liberté se situe dans la même veine mais, dans le choix de son nom, elle abandonne délibérément la référence ouvrière. Ce qu’il faut sans doute rapporter au contexte de la fin des années 1960.

Post-Scriptum

Article paru dans la revue Vie Sociale – n° 4/2009.










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Rapport de Madame Brigitte BOURGUIGNON - Juillet 2015
 



info notes

[1] Plus précisément, c’est en 1942 (loi Gounot) qu’aboutit la revendication ancienne d’une représentation des « intérêts familiaux » (matériels et moraux). Après républicanisation par ordonnance en 1945, se créent l’UNAF et les UDAF au plan départemental. Il s’agit de représenter officiellement les familles auprès des pouvoirs publics, de leur donner des avis sur les questions d’ordre familial, de gérer des services d’intérêt familial, comme plus tard, la tutelle aux prestations familiales. Depuis une loi de 1953, le dispositif est financé sur fonds publics (assiette des allocations familiales). Ce qui installe solidement et durablement le mouvement familial et son Institution dans l’espace public, comme lobby officiel. Il peut ainsi légitimement peser sur l’action publique, avec dix représentants au Conseil économique et social, par exemple. Cette présence des familiaux est importante, quoique souvent ignorée. Voir aussi Michel CHAUVIERE (coord.), Pauline KERTUDO (coll.), Les mouvements familiaux et leur Institution en France. Anthologie historique et sociale, Paris, Cahiers d’histoire de la Sécurité sociale, n°3, 2006, 640 p.

[2] Michel CHAUVIÈRE, « Mobilisations familiales et intérêts familiaux », in Michel CHAUVIÈRE, Monique SASSIER et al. (dir.), Les implicites de la politique familiale. Approches historiques, juridiques et politiques, Paris, Dunod, 2000, p.75-86.

[3] Les associations familiales laïques n’apparaissent qu’en 1967, en partie portées par la FCPE.

[4] Les lignes qui suivent sont plus largement développées et commentées dans Michel CHAUVIÈRE, Bruno DURIEZ « Aux racines de l’éducation ouvrière, la place et le rôle de la mouvance JOC », in Guy BRUCY, Françoise F. LAOT, Emmanuel de LESCURE (dir.), Former les militants, former les travailleurs. Les syndicats et la formation depuis la seconde guerre mondiale, Paris, L’Harmattan, 2009, p. 127-144, coll. Histoire et mémoire de la formation, 2009 (contribution au colloque du GEPHA Syndicalisme et formations, Amiens, janvier 2008). Elles s’appuient sur les travaux entrepris dans le cadre du Groupement pour la recherche sur les mouvements familiaux (GRMF) et plus particulièrement sur : Michel CHAUVIÈRE, Bruno DURIEZ (dir.), Faire des militants. Stratégie de formation de la JOC au MPF, Les Cahiers du GRMF n° 14, Villeneuve d’Ascq, 2006, Le GRMF associe dans une démarche interactive des anciens militants et responsables des mouvements étudiés et des chercheurs.

[5] Les informations sur ces organisations ont été réunies par Georges Tamburini, président du GRMF (in Michel CHAUVIÈRE, Bruno DURIEZ, 2006, op.cit.).

[6] Paul Bacon à Georges Tamburini, in Michel CHAUVIÈRE, Bruno DURIEZ, 2006, op. cit., p. 102 ;

[7] Meneurs, n° 97, octobre 1943, p. 8.

[8] Albert Bouche, lettre à Georges Tamburini, 25 octobre 1992.

[9] « La pédagogie est adaptée s’adressant à des jeunes travailleurs, ouvriers pour la plupart, dont le niveau d’étude ne va guère au-delà du certificat d’étude primaire ou d’un CAP ». D’après Henri Bourdais, rapporté par Roger Beaunez (in Michel CHAUVIÈRE, Bruno DURIEZ, 2006, op. cit., p. 80-87).

[10] En 1947, Albert Bouche fait un voyage de six mois aux États-Unis durant lequel il collecte des fonds pour la JOC et l’Université populaire. Voir Albert & Monique BOUCHE, Albert Bouche (1909-1999). Un frontalier en liberté. De la culture ouvrière aux déceptions du progressisme chrétien, Paris, L’Harmattan, 2006, p. 145.

[11] La Cordée, n° 1, 1945.

[12] Le programme des sessions ultérieures comprend l’étude de la personne humaine, le caractère et la personnalité, les influences philosophiques et politiques, l’économie, ainsi que la jeune fille et la femme, la psychologie comparée de l’homme et de la femme, la place de la femme dans l’Antiquité et dans la société moderne, la prostitution, la famille et la vie familiale, la famille et l’État, l’éducation des enfants, la famille ouvrière dans le monde moderne.

[13] Jean Guéhenno, alors directeur des Mouvements de jeunesse et de l’éducation populaire, aurait exprimé son hostilité à la création de l’ICO, sans doute pour des raisons idéologiques (Albert & Monique BOUCHE, 2006, op. cit., p. 153).

[14] La Cordée, bulletin de l’Université populaire féminine ; les Cahiers d’éducation populaire, lancés sous le titre Orientations en août 1943 et destinés aux éducateurs des centres d’apprentissage et des écoles professionnelles ; les Cahiers du travail ; la Revue de presse ouvrière hebdomadaire, diffusée à partir de juin 1946.

[15] Albert Bouche, exposé sur l’ICO, sd., cité in Albert & Monique BOUCHE, 2006, op. cit. p. 148. Albert Bouche dit souvent : « Le malheur c’est que nous n’ayons pas eu un Marx chrétien au XIXe siècle ». « Il ne s’agit pas seulement de décimer le communisme : celui-ci reste le témoignage vivant et qui renaîtra sans cesse de ses cendres d’un problème plus profond. C’est l’appel des masses populaires vers l’amélioration de leur sort, vers plus de dignité et de bonheur » (Albert Bouche, exposé devant des aumôniers, 29 septembre 1941, ibid., p. 128). Après 1945, les positions des uns et des autres divergeront : certains resteront dans une opposition claire au parti communiste, d’autres, tel Albert Bouche, se rapprocheront du progressisme chrétien.

[16] Sur cette scission, voir Michel CHAUVIÈRE (dir.), Une communauté brisée. La scission MLP-MLO de 1951, Les Cahiers du GRMF, n° 9, Villeneuve d’Ascq, 1995.

[17] La loi du 23 juillet 1957 accorde aux travailleurs des congés non rémunérés afin de leur permettre de suivre des formations. Elle concerne les militants syndicaux mais exclut de ses bénéficiaires les responsables associatifs. La loi est votée sous le gouvernement Bourgès-Maunoury (PRS), Jean Minjoz (SFIO) étant ministre du Travail, Cf. Jean-Marie MIGNON, Une histoire de l’éducation populaire, Paris, La Découverte, 2007 ; Noël TERROT, Histoire de l’éducation des adultes en France, Paris, L’Harmattan, 1997.
On peut voir dans cette loi une des suites de l’action continue de Paul Bacon, comme ministre ou comme parlementaire, en faveur de la formation ouvrière. Cf. Bruno BÉTHOUART, « Le ministère du Travail et de la Sécurité sociale : un monopole du MRP de 1950 à 1962 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 43-1, janvier-mars 1996. Au reste, c’est Fernand Bouxom, un autre ancien responsable de la JOC et du MPF, qui est rapporteur du projet de loi devant l’Assemblée nationale.

[18] Cette partie s’appuie pour l’essentiel sur la contribution de Dominique ALUNNI in Michel CHAUVIÈRE, Bruno DURIEZ, 2006, op. cit. On pourra aussi se reporter à JeanLOBRY, Dominique ALUNNI, Culture ouvrière, éducation Permanente et formation professionnelle ou l’histoire méconnue du Centre de culture ouvrière, Paris, L’Harmattan,2008.

[19] Christian LEFEUVRE, Françoise TÉTARD, Culture et Liberté, une naissance turbulente..., Paris, Culture et Liberté, 1998.

[20] Michel CHAUVIÈRE, Bruno DURIEZ, 2006, op. cit., p. 156.

[21] Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire, association de la loi de 1901 qui réunit des financeurs publics (État, établissements publics, collectivités locales) et des associations. Voir Françoise TÉTARD, Gérard MULLER, Jean PACHOT, Le Fonjep, une cogestion aux multiples visages, Document de l’INJEP, Marly-le-Roi, 1996.

[22] Qui se distingue progressivement au sein du MPF puis définitivement, en 1950, avec la création de l’Action catholique ouvrière (ACO). Cf. Bruno DURIEZ (dir.), De l’Action catholique au mouvement ouvrier. (La déconfessionnalisation du Mouvement populaire des Familles, 1941-1950), Villeneuve d’Ascq, Les Cahiers du GRMF, n° 2,1984.

[23] Lucie TANGUY, « Les mouvements catholiques dans la construction de la formation permanente en France », in Michel CHAUVIÈRE, Bruno DURIEZ, 2006, op. cit., p. 167.

[24] Louis-Joseph Lebret (1897-1966). De 1929 à 1939, il s’intéresse aux conditions de travail et de vie des marins-pêcheurs dans la région de Saint-Malo. Il fonde la Jeunesse maritime chrétienne (dans la même période où sont créées la JOC et la JAC), les syndicats professionnels des pêcheurs, ainsi que des comités interprofessionnels des pêches. Louis-Joseph Lebret est à la recherche d’une doctrine de paix sociale fondée sur le primat du « bien commun » et d’une « économie humaine » où l’organisation corporative des professions se substituerait à la domination du capital. Dans cette perspective, après l’Armistice de 1940, il fonde à Marseille l’association Économie et humanisme. Une revue portant le même nom est lancée en 1942. L’année suivante l’association et la revue s’installent dans la région lyonnaise.
Au lendemain de la Libération, Louis-Joseph Lebret, dans le cadre d’Économie et humanisme, organise des sessions de formation et lance les premières enquêtes dans diverses régions ou villes de France, en particulier à Saint-Étienne, Metz, Marseille et Nantes. Des équipes locales sont mises en place, associant dominicains, patrons et ingénieurs chrétiens, syndicalistes chrétiens, militants familiaux et autres personnes soucieuses de développement économique et de changement social. Il fonde alors l’Institut de recherche et de formation en vue du développement harmonisé (IRFED).

[25] Michel CHAUVIÈRE, « 1945, les contradictions de l’entrée du MPF en politique » in Bruno DURIEZ, Étienne FOUILLOUX, Alain-René MICHEL, Georges MOURADIAN, Nathalie VIET-DEPAULE (dir.), Chrétiens et ouvriers en France. 1937-1970, Paris, Ed.de l’Atelier, 2001.




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