Un regard...
en 647 articles
et 363 signatures d'auteurs
sur l'essentiel de la presse du TRAVAIL SOCIAL










jeudi 23 mai 2013
Structures à bas seuil d’exigence
Le lien, ce n’est pas rien !
par LIMAM Wajdi


« Le don de soi est l’essence même de tout amour, l’offrande suprême humainement possible pouvant aller à la limite jusqu’au sacrifice de sa propre vie. » Marcel Mauss

Là où, pour différentes raisons, le travail social va mobiliser des salariés non diplômés, on voit parfois se mettre en place une partition avec des salariés diplômés, la distinction se posant alors entre les détenteurs d’un certain savoir théorique, d’une adéquation avec le référentiel métier et les autres, venant de l’école de la vie, supposés fin de connaisseurs de l’usager, de la relation, mais pas des aspects les plus techniques du métier. Ceci pourrait avoir pour conséquence, entre autre, de dévaloriser l’aspect fondamental du métier : la relation. Celle-ci étant considérée comme la tâche primaire dans le contact avec l’usager, on aura tendance à la confier aux derniers arrivés, aux non diplômés, laissant les autres se consacrer aux tâches plus « nobles » de l’accompagnement.


Le lien, ce n’est pas rien. C’est cette affirmation anodine, que nous tenterons de mettre en avant, afin que cette notion cesse d’être prise en otage par des enjeux de pouvoirs. Comment envisager le travail de lien auprès des populations les plus fragilisées en mobilisant l’ensemble compétences des équipes, incluant aussi bien le savoir-faire que le savoir-être ? Pourquoi faisons-nous aujourd’hui davantage appel aux travailleurs non diplômés pour l’amorce du lien, au lieu d’utiliser les compétences des travailleurs sociaux diplômés ?

Comment mettre la construction du lien entre les mains de tous et de toutes et au cœur d’une structure à bas seuil d’exigence, mettre un haut seuil d’exigence ?

Cette réflexion repose sur une série d’observations réalisées dans des lieux considérés comme à bas seuil d’exigence. Centres d’hébergement d’urgence pour usagers de drogues en rupture de soin, accueil de jour d’une équipe de rue pour sans domicile fixe en grande précarité. Il s’agissait soit d’espaces d’accueil ouverts, aux règles minimum, afin de pouvoir recevoir le plus grand nombre de personnes et ainsi de les « capter » afin de tenter de construire une relation favorisant un éventuel accompagnement ; Ou bien d’espaces psychiques construits dans la rue, les squats, mais dont le « aller vers » permettait de mettre en place des temps et des espaces propices à l’échange et au tissage du lien. C’est à partir de ces observations que nous avons entamé les prémices de cette réflexion.

La notion de bas seuil d’exigence permet d’aller à la rencontre, de manière inconditionnelle vers un public qu’on appellera dorénavant usagers en rupture. En rupture de soin, en rupture de lien, en rupture avec les environnements autres que ceux impliqués dans leurs problématiques. De manière inconditionnelle ? Sans forcément rentrer dans une logique de contractualisation des rapports, mais en permettant la mise en place d’un espace et d’un temps de rencontre régi uniquement par les règles de base : non violence, non consommation.

On y trouve des intervenants ayant des compétences diverses, de l’infirmière, en passant par l’assistante sociale, par l’éducateur spécialisé diplômé et le travailleur social qui peut se targuer d’une expérience de vie significative. Cette catégorie peut regrouper aussi bien des anciens usagers de drogues, des anciens sans domicile fixe, ou des personnes ayant eu maille à partir avec la problématique des usagers présents.

Historiquement, ceci s’explique par l’histoire propre à chaque champ. En addiction, anciennement en toxicomanie, on a vu la mobilisation des usagers eux-mêmes dans une dynamique d’auto-support et d’accompagnement des pairs. La logique était alors. « qui peut comprendre mieux un toxicomane qu’un autre ancien toxicomane ? ». Ceci a été notamment pensé, dans des espaces comme le sleep-in qui, accueillant sur un espace de nuit des usagers de drogues fortement désocialisés et en pleine consommation, a du imaginer une nouvelle forme d’encadrement et d’intervention. Il fallait des éducateurs ou des accueillants acceptant de travailler la nuit, en équipe réduite, au milieu de trente ou quarante usagers de drogues en phase de consommation. Les espaces de nuit, étant alors les temps du manque, du craving, de la recherche de moyens pour la défonce (vol, prostitution...), il fallait une équipe suffisamment sécurisante, contenante, bienveillante, mais aussi à même de décoder les nuances et les moindres mouvements d’usagers de drogues sur ces espaces. Il fallait en somme des cliniciens qui s’ignoraient. D’où l’intérêt des profils atypiques, dont des anciens consommateurs.

C’est la même logique qui a prévalu dans la mise en place de certains accueils pour sans domicile. Jacques Deroo, moniteur éducateur, ancien sdf, a lors de la mise en place de dispositifs d’hébergements, fait le choix de recruter parmi les équipes des personnes ayant eu un parcours de rue. La logique étant similaire à celle évoquée plus haut. Il s’agissait, au-delà de la compétence formalisée, de prendre des gens aux compétences informelles, mais dont la maîtrise des codes et des nuances du public accueilli demeure un plus dans la construction du lien et dans l’accompagnement.

Au-delà du choix, parfois institutionnel, de procéder à ce type de recrutement, les conditions de travail ne motivent pas toujours les diplômés ou les nouveaux diplômés. « C’est difficile de taffer ici, pas de bureau, pas d’agenda, on fait doublon avec les AS et on fait le même job que les accueillants ; à quoi ça sert d’avoir fait 3 ans d’études ? » voilà ce que dira Hervé, 32 ans, nouveau diplômé ES. Ces propos sont repris lors de différents entretiens. La confusion des rôles, entre l’AS, reconnu légitimement, porteuse du secret professionnel et au bureau fermé, et l’accueillant, sans diplôme, ancien quelque chose, porteur d’une expertise sur le public accueilli et sur sa clinique, le diplômé ES a du mal à se positionner. Il évite donc souvent de travailler dans ce type de structure, et quand il le fait, il se trouve de fait dans une concurrence avec son collègue direct, l’accueillant, qu’il soit ancien usager ou pas. Et c’est justement dans ces lieux que la complémentarité doit être la plus efficiente. Au-delà des parcours et des cursus, ou plutôt avec les cursus et les parcours, comment trouver cette énergie et cette intelligence collective propice au bien être de l’usager ? Dans la relation quotidienne à l’usager, dans le premier contact, l’accueillant et l’ES se trouvent donc dans une forme de concurrence, à laquelle l’AS échappe, pour les raisons évoquées plus haut.

La rencontre avec l’usager dans des espaces dits « à bas seuil d’exigence » se fait autour de gestes simples, anodins parfois, mais centraux du point de vue d’un usager et de sa mise en relation avec l’altérité. Quand une personne au lourd passé d’errance, dormant dehors, subissant le regard des autres, dans un état physique et psychique déplorable, accepte de se laisser aller à l’échange, elle joue gros. Elle joue la mise à nu de soi par la parole, par l’apparence, elle laisse autrui la regarder, la fixer, voir les anomalies physiques, la cohérence du discours. Ce temps là demeure un temps central et l’interaction qui va se jouer à ce moment permettra ou pas d’envisager autre chose. Cà sous-entend pour les équipes de se rendre dans des squats, de se poser sous une tente, parfois à même le sol, de se confronter physiquement, en serrant la main, en se touchant, avec un usager dans un état que nous avons décrit plus haut. Plus que la mise en lien, il y a pour le professionnel un saut à faire, pour entrer dans un univers qui n’est pas le sien, ou qui n’est plus le sien.

Même situation quand un usager de drogues rentre dans un accueil. La rencontre se fera de la manière avec laquelle on lui ouvrira la porte, de la manière de lui serrer la main, de se souvenir de son temps, de prendre de ses nouvelles. Elle se jouera à la manière de lui proposer et de lui servir un café et de la manière dont on se poser avec lui pour échanger quelques mots. L’usager de drogues, fatigué, sortant d’une période de défonce, en phase de récupération ou de consommation, vient pour trouver le temps de quelques heures, un lieu où il peut en toute sécurité se laisser aller, récupérer, sans subir les violences de son mode de vie et de la rue. Un lieu où on peut l’accompagner à la douche, lui laver ses vêtements, lui mettre une serviette sur le dos et le mettre au chaud à l’abri en attendant. Il vient se mettre à l’abri, au-delà de l’espace, auprès des personnes en phase avec sa problématique et maintenir encore vivace le lien qui le maintient avec le reste de la civilisation.

On se rend bien compte qu’ici la centralité du travail se fait dans l’instauration du lien. Dans des contextes parfois peu propices, sur le front comme on dit. Ce travail, souvent, reste déconsidéré. Nul bureau, nul accompagnement sur le long terme, pas de construction de projet individualisé formalisé. Un « street working » à la dure.

Beaucoup de travailleurs sociaux diplômés ou dotés d’une certaine expérience refusent de plus en plus de passer leurs matinées à servir du café, à aller le refaire, à emmener du linge à la laverie et à passer des heures entières dans le froid, à fumer et à échanger avec des usagers, dans le « vent » comme on dit. Comme si les paroles dites lors de ces moments n’avaient pas vocation à impacter le réel. Comme si seul comptait la création d’un acte éducatif. Ces fameux « actes » qu’on voudrait bientôt tarifer, et qui poussent certains à oser l’obscénité d’inscrire la prise d’un café comme « UN » acte, oubliant le plus important, le fondement même de tout acte posé, l’instauration d’un fil, fin et délicat, prémice de ce qui pourra un jour donner la chose la plus importante, c’est-à-dire le LIEN. Sans lien, rien n’est possible. Ni acte éducatif, ni accompagnement individualisé, ni accompagnement collectif. Sans lien, pas de mouvements, ni celui vers la démarche de soin, ni celui vers la volonté de prendre conscience d’une réalité parfois douloureuse, ni celui de la volonté de changement, qui reste au demeurant la source de la volonté de puissance décrite par Nietzche.

On perd de vue le sens premier du travail social, qui est celui de récréer du lien, de la sociabilité, du vivre ensemble, là où prime l’individualisme mortifère. Car dans un premier temps, il y a, qu’on le veuille ou pas, un face à face à des usagers de drogues en grande précarité, engagés dans une consommation anarchique, pliés aux lois de la rue et à sa violence ; il faut pouvoir faire face. Le travailleur social doit pouvoir jouer au mieux son rôle de « sas » pour faciliter les trajets de ceux qui passent de l’espace « rue » à l’espace « structure » et c’est durant ce moment difficile qu’il doit mettre en oeuvre ce qu’il y a de meilleur en lui. Jouer dans un premier temps le rôle de passeur, pour faciliter les trajets des usagers entre ces deux mondes, ces deux espaces, que sont la rue et la structure. C’est là, ou le travailleur social doit mobiliser son savoir-faire, bien entendu, mais aussi et surtout son savoir-être. On peut apprendre les techniques du travail social, de l’accompagnement, on ne peut pas toujours apprendre à faire la jonction entre deux mondes.

Il s’agit de développer un savoir-être à haut seuil d’exigence, pour se construire comme un professionnel toujours plus humain, ouvert, serein... dans des contextes où les personnes les plus en souffrances peuvent atteindre en nous ces fondements de la relation. Les nouveaux diplômés y sont-ils vraiment prêts ?










2017, année électorale : des outils pour mobiliser tous les citoyens
La participation des personnes accueillies/accompagnées pleinement reconnue
"Quand les parents prennent la parole" retour sur l'action théâtre forum en Pays de la Loire
 



Les expulsions illégales continuent malgré la loi !
COM. HALEM / DAL: La Charte d'Essonne ou la chasse aux sorcières
Propositions du DAL: les réponses des candidats à l'élection présidentielle
 



La politique possible pour tous
Cinq millions d'emplois demeurent fermés aux étrangers non européens
Pour réduire les inégalités à l'école, il faut repenser le rapport au savoir
 



# Dans la même RUBRIQUE
21 Articles

L’âgisme : une discrimination qui dérange ?
SANS-ABRI : LES OUBLIÉS DE L’ÉTÉ
Hausse inquiétante des femmes et des enfants sans abri
Un silence très inquiétant
Le rôle du travail social dans la lutte contre la pauvreté
DEUXIEME NUIT SOLIDAIRE POUR LE LOGEMENT
La pauvreté, un enjeu politique
Cacher la misère des Roms
Au campement des Don Quichotte à Toulouse
Le logement malade de la politique
Ces drames ne sont pas fatalité
Accueil et hébergement d’urgence : en finir avec le provisoire !
Les paradoxes de la lutte contre l’exclusion
Le juge civil instrument de la lutte contre l’exclusion
Accès au bus, accès aux droits
Que faire des morts de la rue ?
Victimisation des aînés, une situation préoccupante
Le point de vue de la FNARS sur les chiffres de l’INSEE
Pauvreté et souffrance psychique
Cas de conscience chez les travailleurs sociaux ?
Prévenir l’exclusion par le maintien en activité


# Du même AUTEUR
1 Articles

Victimes de nos propres peurs ?


# A voir sur le WEB
4 Références

FNARS
 

A la croisée des chemins - HALAGE
 

DAL Droit au logement
 

ATD Quart-Monde
 


# Documents JOINTS
A cette RUBRIQUE

Le rapport annuel 2014 fournit des indicateurs objectifs de mesure de l’efficacité de la prise en charge des personnes par le dispositif d’hébergement.
 





6 Messages de forum

  • Le lien, ce n’est pas rien ! 24 mai 2013 10:21, par Excalibur

    Dingue comme on peut épiloguer pour dire si peu. Le lien humain, c’est important. Les diplômes, ça apprend pas la vie. Banalités qui suggèrent à quel point les sciences sociales peuvent vite devenir des tautologies du réel.

    Répondre à ce message

    • Retour à quelques idées claires 24 mai 2013 12:57, par OASIS

      Observez un instant ce monde qui nous entoure, ses préoccupations économiques, productivistes... et imaginez simplement que sur OASIS ne passent pas que des travailleurs sociaux.

      Wadji nous ramène à quelques idées claires, importantes ; non, les questions liées à l’exclusion ne se résoudront pas que par quelques dispositions économiques ou autres injonctions à la normalité.

      Oui, la déqualification est aussi un processus lié à la productivité...

      Oui, la question du lien est encore et toujours à argumenter, à faire découvrir et redécouvrir à certains, peut-être en demande de ce type d’approche.

      Enfin... en cas de contrariété insupportable, vous pouvez également nous adresser vos contributions !

      A bientôt ?

      Répondre à ce message

  • Le lien, ce n’est pas rien ! 25 mai 2013 23:21

    J ai fais ma formation dans un accueil de jour pour personne SDF et parfois, lorsque je passais la matinée dans le bureau a faire des papiers en tout genre ( cmu, rsa, retraite... ) j avais l impression de faire du secrétariat et non plus de l éducatif ... D autre fois quand j étais au comptoir à servir du café ou dehors à fumer une clope, j ai constaté qu effectivement il se produisait plus de chose, plus de parole, plus de lien en somme.... Certaine personne que j ai ensuite accompagner dans actes éducatif , je les ai d’abord rencontrer en fumant, en buvant un café... C est un moment simple mais qui permet la rencontre de l autre. Et le lien qu on créer va lui permettre de reprendre confiance de se restructurer... On parle beaucoup de l affect dans nos métier, cet affect qui souvent diaboliser comme la pire des erreurs professionnel est aujourd’hui pour moi indispensable auprès de ces publics la (sdf, usager de drogue... ) ils souffrent dans la plus part des cas d un tel déficit de confiance que les reconnaître comme "un autre soi même " les aidera à avoir le désir de se reconstruire ... Un haut seuil d exigence donc pour nos professions ....

    Répondre à ce message

    • Le lien, ce n’est pas rien ! 27 mai 2013 15:14, par marie

      Bien sur, le lien c’est donner (redonner) une place à une personne pour être reconnue, retrouver sa dignité sa securité... Et pour bien faire, un travailleur social diplomé aura à sa disposition des outils (dossiers CMU CAF... c’est le principe de réalité) et sa propre capacité à créer un lien tout en ayant de l’empathie plus que de l’affect qui risque (a mon sens et par experience)à un moment de déraper vers du non professionnalisme et donc créer une dependance pas toujours facile à vivre et à assumer tant pour l’aidant que l’aidé.

      Répondre à ce message

  • Le lien, ce n’est pas rien ! 5 juin 2013 21:37, par Aurélie

    Pour ma part je préfère parler de haut seuil de tolérance, plutot que bas seuil d’exigence...Merci pour cet article qui nous ramène effectivement aux fondamentaux du travail social !
    Je suis AS et j’ai travaillé dans un Sleep In, j’y ai "fait mes armes", c’était mon premier poste. Je peux dire que le contact avec les usagers de drogue reçus et cette restauration ou instauration du lien m’aura beaucoup appris sur mon métier, et surtout l’humilité dans ma pratique.

    L’accompagnement social c’est aussi discuter de tout et de rien avec des personnes "exclues", rentrer en contact pour permettre autre chose après, ou pas...! Le problème vient aussi des demandes/commandes institutionnelles, partager un café et une cigarette ca fait perdre du temps, ce n’est pas rentable... à nous de défendre les bases de la relation d’aide en travail social et garder cette humilité et simplicité dans l’instauration du lien qui permet un après et des envies aux personnes que nous recevons !

    Répondre à ce message

    • Le lien, ce n’est pas rien ! 16 juillet 2013 21:04, par fab to fab

      Bonjour, étant jeune diplômé assistant de service social et ayant réalisé mon mémoire sur les demandeurs d’asile, j’ai postulé auprès des CADA dans un premier temps pour obtenir un premier emploi.
      J’ai obtenu mon premier entretien auprès de l’association "forum réfugié-cosi", qui fait partie des nombreux acteurs concernant l’hébergement en matière d’asile.
      Si vous allez sur la page d’accueil du site de l’association, vous constaterez que son combat s’appuie sur des valeurs de justice sociale avec intention de faire respecter les fondements des principes démocratiques dans toute société y compris la notre.
      C’est aussi pour cela que j’ai postulé auprès de cette association, pensant y trouver les valeurs qui me sont chères dans l’exercice de ma profession et qui tendent à être occultées, comme c’est pertinemment bien mis en lumière dans cet article, notamment au sein du service social territorial ( CG, CCAS...), où il y a une perte du travail spécifique relatif à la question du lien au détriment de taches administratives et du consumérisme des aides financières, nécessaires mais qui fait oublier le sens de notre action et des fondements de nos professions sociales.

      J’ai tout de même été surpris que lors de mon entretien des questions portant sur le LIEN justement, ou sur la relation n’ont pas du tout été abordées. Le chef de service et la DRH ont pu d’ailleurs me faire la remarque, que ce qui pourrai leur poser un problème quand à mon recrutement serait mon coté peut être trop militant.
      Quel paradoxe lorsqu’on postule pour une association comme celle-ci, militante pour les droits de l’homme par exemple. Le fait est qu’avant tout, ils voulaient savoir si j’allais pouvoir me plier au cadre institutionnel. En gros c’est bien d’avoir des valeurs mais pas trop quand même.
      Je leur ai donc expliqué que je n’adhérais à aucune association dans ma vie privé et que pour moi le militantisme était justement quelque chose d’ordre privé. 0 partir du moment où mon action et mes valeurs, liées à ma profession s’exerce dans le cadre professionnel, nous ne somme plus sur du militantisme mais sur de l’engagement professionnel.
      Vous voyez bien que si même des associations comme celles-ci ont du mal à faire la différence et tendent à connaître la malléabilité de leurs futurs employés, cela laisse suspicieux sur la qualité de notre travail, qui passe aussi, voir avant tout par un savoir être et la recherche du lien avec les personnes que l’on accompagne.
      Ceci n’est donc pas une digression mais bien un exemple qui illustre que la question du lien et la perte de cette recherche de lien, pour nous travailleurs sociaux, car certains se valorisent aussi certainement plus à accomplir des taches administratives, est centrale pour l’avenir du travail social.
      Continuons la réflexion et agissons !

      Répondre à ce message

Une Réaction, un Commentaire...?


  • info creation paragraphe









 

Vos Réactions...


Sur le Forum...

29 décembre 2016
RECONNAITRE ET VALORISER LE TRAVAIL SOCIAL - Un Rapport et 23 Propositions
ces recommandations sont pertinentes.

8 décembre 2016
La maltraitance des personnes âgées vulnérables
Madame, Merci pour cette analyse précise dont j’ai hélas trop tard compris les mécanismes. En effet, je sors de mon silence avec une (...)

13 juin 2016
La maltraitance des personnes âgées vulnérables
la matraitance peut etre du aussi a l etat psychologique des enfants .Enfant depressif, narcissique desociabilise car eux meme sont a la (...)


13 février 2016
La place du social dans la santé
article à lire et à imprimer

7 décembre 2015
"Plume", la revue du CLICOSS 93
est ce possible de recevoir la revue du clicoss 93 du mercredi 07/01/2007 , ?je faisais partie de cet atelier ! merci ,si cela est possible (...)

2 novembre 2015
Définition du Travail Social
Le travail social se base essentiellement sur le sens de l’amour de l’outre ,le sens d ’altruisme , la justice sociale , le (...)


Besoin d'un Réseau de travailleur social su ...
Éducatrice Spécialisée en libéral
Urgent:offre d'emploi CDI+CDD 78 (meulan ,le ...
URGENT OFFRE EMPLOI CDD 95
Poste d'Auxiliaire de Puericulture et EJE en ...
référence éducative
CDD d'AS 6 mois Lyon
Postes d'éducateurs et éducatrices de rue ...
Un cadeau pour progresser dans ses écrits u ...
Poste avec vacances scolaires ou universitai ... [3]
Offre d'emploi ASS dans le Gers (CDI, temps ...
« Les enfants oubliés du Népal » ou com ...
médiation familiale
La loi El Khomri se décline dans l'Educatio ... [1]
"Moi, Daniel Blake" ou La fin du modèle soc ...
Dernier document mis en ligne

Le baromètre 115 synthétise les demandes et réponses faites au numéro d’urgence au cours du mois de juillet 2016 dans les 45 départements étudiés et à Paris.

Droits de diffusion

Conformément à la législation sur la propriété intellectuelle, l'ensemble des documents publiés sur OASIS ne peuvent être reproduits sans autorisation. Hormis sur Internet, sont autorisées la reproduction et la diffusion non commerciales des articles du magazine, sous réserve de citation obligatoire des sources.
© OASIS - 1999/2015

| Se connecter | Plan du site | RSS 2.0 |  Contacts |