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lundi 9 mai 2005
Ces drames ne sont pas fatalité
par Eric PLIEZ


Parce que l’hôtel de la rue de Provence a brûlé à la suite d’une sottise, l’intérêt médiatique s’est rapidement estompé. Comme si ce drame n’était pas révélateur d’une situation alarmante et ne pouvait ressurgir à tout instant. Il est donc nécessaire d’engager une réflexion de fond sur les conditions dans lesquelles des familles sans domicile vivent aujourd’hui sur le territoire français.


Les associations gestionnaires des lieux d’accueils d’urgence sont confrontées à un écart énorme entre la demande croissante et l’offre d’hébergement qu’elles sont en mesure de proposer. Nous sommes passés, en très peu de temps, de la demande d’hommes seuls vivant depuis longtemps dans la rue à des familles, des femmes seules et des familles monoparentales. Aujourd’hui, des travailleurs pauvres et des étudiants sont confrontés au mêmes problèmes.

Si des efforts ont été faits ces dernières années pour développer et rendre plus humaines les structures existantes, l’afflux de demandeurs, l’absence de solutions durables à la sortie de ces structures (crise aiguë du logement en Ile de France) conduisent à un engorgement des dispositifs d’urgence faute de sorties « par le haut ».

L’hôtel devient alors une solution palliative, une forme de « non prise en charge sociale », une simple mise à l’abri minimaliste : les familles n’ont même pas la possibilité de se préparer un repas, par exemple. Dés lors, parce qu’il faut bien chauffer le biberon ou un plat, les gens bricolent et multiplient les risques d’accident.

De fait, la solution hôtelière, outre son coût très important pour la collectivité, ne permet absolument pas aux personnes de sortir de la spirale de l’urgence. De surcroît, avec ce type d’hébergement la collectivité valorise le bien immobilier, fait monter les prix et « engraisse » des hôteliers parfois peu scrupuleux.

Il est temps de réfléchir à des solutions à la hauteur du phénomène :

Par exemples : le rachat par des bailleurs sociaux de ces hôtels et leur gestion par des services spécialisés à but non lucratif. Une répartition plus équitable des demandeurs de logement sur l’ensemble de l’Ile de France, avec mise à contribution de toutes les communes par la construction de petits lieux d’hébergement, d’urgence et d’insertion . Le développement de places d’hébergement de moyens séjours pour permettre à un vrai travail social de se mettre en place après l’accueil d’urgence.

Enfin, en bout de chaîne, la construction de logements sociaux de qualité.

Tout cela a un coût mais quel est le coût de la gestion au jour le jour de solutions palliatives qui n’en sont pas ? Quel sera le prix à payer demain, quand les enfants qui subissent ces situations au quotidien nous demanderons des comptes ?

Enfin, et c’est une part importante du problème, si le traitement des demandes d’asile s’est accéléré, il laisse sur le carreau des milliers de personnes, déboutées de ce droit, et ne résout pas le problème des réfugiés économiques. Des centaines de personnes vivant actuellement sur le territoire ne seront jamais expulsables (maladie, enfants nés sur le territoire.) Elles resteront ainsi dans une situation de non-droit, vivant d’expédients, errants d’un centre d’urgence à l’autre.

La réponse est donc politique : seule une régularisation massive permettra le désengorgement du secteur de l’urgence. Ayons le courage, comme les Espagnols viennent de le faire, de donner des droits à ces familles qui aujourd’hui survivent dans des conditions indignes de la France du 21ème siècle.










"Travail Social : Osons affirmer de nouveaux droits"
Convention de partenariat UNAFORIS - Fédération des acteurs de la solidarité
Publication du guide "Développer le travail pair"
 



Saint-Ouen: Campement des familles expulsées
Les expulsions se multiplient … les rues sont pleines
Les expulsé-e-s de la cité de l’air d’Athis-Mons se mobilisent
 



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DAL Droit au logement
 

ATD Quart-Monde
 


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1 Message

  • > Ces drames ne sont pas fatalité 11 juin 2005 23:40, par laurence

    Je suis assistante sociale en banlieue nord de paris (93),depuis 8 ans et je partage tout à fait votre réflexion..

    j’ai observé avec effaremment, que la situation des personnes en matière de logement est devenue intolérable..

    lorsque j’ai commencé, c’était à contre coeur que je laissais partir les gens de mon bureau avec le numéro de téléphone du 115. C’était un cuisant échec qui mettait fin à une, parfois brève, recherche de centre d’hébergement d’urgence !! or, maintenant nous n’effectuons même plus ces recherches au préalable car il n’y a jamais de disponibilité.. alors dès 8h30, on contact le 115 et les places sont déjà pourvues..

    "au mieux", la personne en errance a des enfants alors on peut solliciter l’ASE pour une prise en charge ou une participation des frais d’hôtel..encore faut-il qu’on trouve un hôtel disponible, c’est pas gagné !en outre, il faut que l’inspecteur de l’ASE soit disponible..et qu’il émette un accord !!et ouf, la famille peut partir à l’hôtel..mais quel hôtel !!avec des rats qui surgissent de nulle part et de partout, avec des douches à 2€50, des gérants tyraniques qui reprochent quotidiennement aux personnes qu’elles ne payent pas que c’est l’Etat qui payent pour elles, qui leur font payer la réception du courrier, voire qui ont des attitudes déplacées envers les femmes..

    et que fait-on des isolés ? ceux qui perçoivent un salaire qui ne leur permet pas d’ouvrir droit à l’allocation logement mais ne leur permet pas d’honorer une chambre d’hôtel, une carte orange à 80€ en sus de la nourriture ?

    et après l’hôtel c’est quoi la vie ? car on parle de protection de l’Enfance mais n’est-elle pas baffouée lorsqu’on finance une chambre où vivent un couple avec 4 enfants, un père avec son fils de 17 ans, scolarisé, qui vivent dans 5 m² ?

    et après ??? pas de logement, les structures adaptèes sont saturées(résidences sociales, logements relais,etc.)..

    je reconnais tellement mon travail et ma réflexion à travers votre article..cela ne me rassure pas mais ça fait du bien !!

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