jeudi 10 mars 2005



Un soir de réveillon, Nanou...







C’était le soir du réveillon de Noël, je sortais du CHRS où je venais de passer la soirée avec eux, les exclus, les perdus, les sans rien...

Une belle soirée faite de petits détails qui avaient fait toute la différence !

De la musique, des fleurs, un bon repas et, une fois n’était pas coutume, du vin !

Je m’en retournais chez moi, sereine et heureuse des sourires échangés et des mines réjouies.

Je repensais à eux quand, soudain, je l’ai vue elle, Nanou, assise sur une marche en pierre davant une porte d’immeuble.

Elle était posée là, tel un fantôme, presque irréelle dans le froid de décembre...

Je l’ai saluée, elle n’a pas répondu, semblant ne pas me voir.

J’ai continué mon chemin, de plus en plus troublée.

Plus tard, dans la chaleur douillette de mon lit, je repensais encore à cette nuit de Noël, mais cette fois, avec le poids de la mauvaise conscience, parce que je ne m’étais pas arrêtée lui parler...

Qu’est-ce que ça m’aurait coûté ? Quelques minutes de plus ?

Et pour elle, cela aurait peut-être fait la différence.

Peut-être...

Je me suis demandée plus tard, combien d’âmes en peine avaient erré cette nuit là, sans qu’on les voit, sans qu’on leur parle... ?

Clochette




Pour citer cet article :

- « Un soir de réveillon, Nanou... » - OASIS - Le Portail du Travail Social - http://www.travail-social.com. - mars 2005.